L’effondrement de l’âge du bronze : les peuples de la mer en Égypte

August 14, 2019 – 8:53 pm

La seule région d’où nous avons des comptes rendus du déroulement des faits de cet effondrement, c’est l’Égypte. Sous le règne du roi Mérenptah (1213-1203) de la XIXe dynastie et encore une fois sous le règne de Ramsès III (1186-1155) de la XXe dynastie l’Égypte avait subi des attaques d’ennemies qui l’avaient envahi par voie de terre et de mer. Dans sa cinquième année Mérenptah avait été attaqué par le roi libyen, Meryre, dont l’armée incluait beaucoup de guerriers étrangers des pays du nord. Ceux-ci sont nommés dans les inscriptions : les Aqwesh, les Lukkas, les Shardanes, les Shekelesh, et les Turesh. Ils faisaient tous partie des ‘peuples de la mer’ qui sont apparus en tant que collectivité a cette époque. L’attaque avait été repoussée avec grand massacre ; le roi libyen avait été mis en fuite, et ensuite il avait été tué par ses propres sujets à cause de ses échecs. Les raids ont été répété sous Ramsès. Il avait été attaqué par les libyens la cinquième et l’onzième année de son règne, et entre les deux la huitième année il y avait une fois de plus une incursion par les peuples de la mer, mené par les Peleset et les Tjeker, mais y comprenant aussi les Shekelesh, les Denyen, les Weshesh, et (peut-etre) les Turesh.

Ces invasions étaient le défi le plus grave devant lequel l’Égypte avait fait face. . Par comparaison, les insurrections qui avaient eu lieu à peu près en même temps dans les territoires du nord n’étaient que des simples agacements ou au maximum des humiliations. Pourtant, les rois de la XXe dynastie avaient révélés leur faiblesse à résister à ces harcèlements. Beaucoup de villes du Levant se sont révoltées et toute la région était troublée par les incursions de certains des mêmes peuples qui avaient troublé aussi les Egyptiens. Vers le milieu du 12e siècle, les Égyptiens semblaient avoir été repoussé de la région – ou de l’avoir abandonné.

 

Ramsès III face aux peuples de la mer, d’après le bas-relief de Médinet Habou

 Les témoignages des inscriptions

  1. Le commencement de la grande inscription commémorative de Mérenptah sur l’un des murs de la grande cour des fêtes du temple d’Amon-Ra de Karnak

[Le début de la victoire que le Roi de la Haute et Basse-Égypte, Baenre-Meryamun, fils de Ré, Hotep-hima Mérenptah, donné la vie, a réalisé contre le vile chef de Libye, Meryre, le fils de De]dy, les Aqwesh, les Turesh, les Lukkas, les Shardanes, les Shekelesh, les gens du nord qui sont venus de tous les pays.

  1. Extrait de la stèle de Mérenptah, appelée aussi stèle de la Victoireou encore stèle d’Israël, érigé a l’origine dans le temple funéraire du pharaon Mérenptah (dans la région thébaine)

L’an 5, troisième mois d’été, sous la majesté de Mérenptah

Qui a détruit le pays des Tjehmeh dans le cours de sa vie,

Lancé terreur constant dans le cœur des Meshwesh.

Il a rejeté les libyens qui ont marché sur l’Égypte,

Que l’effroi d’Égypte est grand dans leurs cœurs.

Leurs troupes de la première ligne étaient laissées derrière,

Leurs jambes n’ont pas pris position sauf pour s’enfuir,

Leurs archers ont abandonné leurs arcs,

Les cœurs de leurs coureurs étaient fatigués alors qu’ils se sont dépêchés,

Ils ont desserré leurs gourdes de peau, les ont jetées,

Leurs sacs à dos étaient défaits, étaient jetés,

Le chef vile, l’adversaire libyen,

S’est enfuit tout seul pendant la nuit profonde ,

Pas de plume sur sa tête, aux pieds nus,

Ses femmes étaient éloignées de sa présence,

Ses réserves de nourriture étaient saisies,

Il n’avait pas d’eau potable pour le soutenir,

Le regard de ses frères étaient féroce à le tuer,

Ses officiers se sont battus entre eux

Leurs tentes étaient brulées, réduites en cendres,

Tous ses biens étaient nourriture pour ses troupes.

Lorsqu’il est rentré dans son pays il portait le deuil,

Ceux qui restaient dans son pays n’étaient pas disposés à l’accueillir

« Un chef, malheureux, mal plumé »

Tous ont dit de lui, ceux de sa ville,

« Il est sous le pouvoir des dieux,

Les seigneurs de Memphis, le seigneur d’Égypte a rendu son nom maudit ;

Meryre est l’abomination de Memphis,

Ainsi sont aussi fils après fils de sa famille pour toujours,

Baenre-Meryamun sera après ses enfants,

Mérenptah, content avec Maat, est lui donné comme destin.

Il est devenu comme un proverbe en Libye,

Génération dit à génération de ses victoires :

Il n’était jamais fait pour nous depuis le temps de Ra ; »

Ainsi dit chaque vieux en parlant à son fils.

Les princes sont prosternés, disant « Shalom ! »

Aucun des Neuf Arcs ne lève pas sa tête :

Tjehenu est vaincu, Hatti en paix,

Canaan est captif avec tous les malheurs.

Ashkelon est conquise, Gaza saisie,

Yanoam est rendue inexistante,

Israël est dévasté, sans postérité,

Khor est devenue une veuve pour Égypte.

Tous d’eux qui erraient sont assujettis.

Par le Roi de Haute et Basse-Égypte, Baenre-Meryamun,

fils de Ré, Mérenptah, Content avec Maat,

donné la vie comme Ré tous les jours.

  1. L’inscription de Ramses III à Medinet Habu

L’année 8 sous la majesté de (Ramses III) … Les pays étrangers ont fomenté une conspiration dans leurs îles. Tout d’un coup les terres étaient enlevées et mises en fuite dans la mêlée. Aucun territoire ne pouvait se tenir debout face à leurs armes, de Hatti, Qode, Carchemish, Arzawa, Alashiya, et autres, étant isolé a un moment donné. Un camp était installé à un endroit en Amor. Ils ont dévastés leur peuple, et la terre était comme si elle n’avait jamais existé. Ils avançaient vers l’Égypte, pendant que la flamme était préparée devant eux. Leur confédération était les pays du Peleset, du Tjekker, du Shekelesh, du Denyen, et du Weshesh réunis. Ils accaparaient les territoires jusqu’à la limite de la terre, leurs cœurs assurés et confiants: « Nos plans vont réussir! »

Alors, le cœur de ce dieu, le Seigneur des Dieux, était préparé et prêt à les attraper comme des oiseaux. … J’ai organisé ma frontière à Dhabi, préparé avant eux: – des princes, des commandants des garnisons, et maryanu. Les embouchures des fleuves j’ai préparé comme une muraille forte, avec navires de guerre, galères, et caboteurs, très bien équipés, parce qu’ils étaient équipés d’un bout à l’autre de guerriers vaillants portants leurs armes. Les escadrons étaient composés de tous les hommes d’élite d’Égypte. Ils étaient comme des lions qui rugissent aux sommets des montagnes. Les auriges étaient composés de coureurs, d’hommes d’élite, de tous les auriges bons et compétents. Les chevaux frémissaient de tous leurs corps, ils étaient prêt à écraser les pays étrangers dessous leurs sabots. J’étais le vaillant Montu (le Dieu de la guerre) me tenant ferme à leur tête, afin qu’ils puissent voir mes mains en les attrapant.

Ceux qui ont gagnés ma frontière, leur progéniture n’est pas, leur cœur et leur âme sont arrivées à leur fin pour des siècles des siècles. Ceux qui sont arrivés ensembles sur la mer, la flamme entière était devant eux aux bouches des rivières, tandis qu’une palissade de lances les entourait au rivage. Ils étaient entraînés, entourés, et prostrés au rivage; tués, et mis en tas de la tête aux pieds. Leurs vaisseaux et leurs biens étaient comme tombés dans l’eau.

J’ai fait que les terres renoncent même à mentionner l’Égypte; parce que lorsqu’ils prononcent mon nom dans leurs pays ils sont brûlés entièrement. Depuis que je me suis assis sur le trône de Har-akhti et le Grand-de-Magi < l’uræus, le symbole de royauté > était fixé sur ma tête comme Rê, je n’ai pas permis aux pays étrangers de regarder la frontière de l’Égypte, à se vanter aux Neuf-Arcs. Je leur ai pris leurs pays, leurs frontières étants ajoutées aux miennes. Leurs princes et leurs membres de la tribu sont à moi avec fierté, car je suis sûr la voie des plans du Tout-seigneur, mon père auguste et divin, le seigneur de tous les dieux.

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