L’effondrement de l’âge du bronze : le problème
August 8, 2019 – 11:21 amVers l’an 1200 av. J.-C. les terres autour de l’est de la mer Méditerranée avaient été depuis longtemps civilisées et faisaient parties d’un système, apparemment stable, des états civilisés. Au sud, l’Égypte florissait sous les dynasties Ramessides du Nouvel Empire; à l’est, les Kassites régnaient à Babylone, le royaume médio-assyrien était à son apogée, et les Elamites prospéraient sous les Šutrukides; au nord, la civilisation mycénienne dominait la région qui entoure la mer égéenne, et l’empire Hittite régnait sur la plupart de l’Anatolie et la partie du Levant que les égyptiens ne possédaient pas. Entre et à l’intérieure de ces grandes entités politiques se trouvaient des petites cités et royaumes, subordonnés aux unes et aux autres mais dans l’ensemble prospères et pour la plupart heureux. Ainsi étaient les cités amorrites de la Syrie du nord, les cités cananéennes, l’état Alašiya à Chypre, et les états louvites de l’ouest de l’Anatolie. Ces états et cultures utilisaient l’écriture, se concentraient en des cités, et étaient presque tous en contact constant les uns avec les autres par le commerce et les relations diplomatiques. En bref, c’était une ère de paix générale tandis qu’elle voyait une concurrence normale entre les états et souffrait même des guerres épisodiques.
De cinquante à cent années plus tard la situation avait beaucoup changée. La civilisation mycénienne était révolue, ses palais détruits, et un âge sombre avait commencé pour les terres grecques qui allait durer à peu près 400 ans. L’empire Hittite, ayant subi des envahissements et des troubles intérieures, était tombé, et Hattušas, sa capitale, avait été brulée. En Babylonie, la dynastie des Kassites avait été conquise et soumise par les assyriens et enfin exterminée par un envahissement des élamites. En fait, en l’espace d’une période bien courte presque toutes les grandes villes de la Méditerranée entre Pylos et Gaza avaient été détruites. Le royaume d’Ougarit avait disparu. Il y avait de l’agitation au nord de la Syrie et au Levant, incluant notamment un envahissement par quelques tribus barbares et pillardes qu’on appelait les ‘Peuples de la Mer’. L’Egypte a survécu à ce temps des troubles mais fut beaucoup affaibli par ses guerres civiles et par deux envahissements des peuples de la mer. L’Assyrie, parmi toutes ces grandes puissances, était la seule qui était sortie de cette époque sans dommage ou même renforcée, et elle avait saisi l’opportunité d’attaquer et d’écraser les élamites. Le commerce et les affaires étaient sérieusement perturbé, des populations étaient déplacées, et presque partout l’habitude ou la capacité de l’écriture avait disparue.
Alors que ce n’est pas du tout hors du commun qu’une cité, un état, ou une culture entr’autres devient décadent, ou décline, ou s’effondre, c’est quand même bien hors du commun que cela se passent tout en même temps. C’est important donc que nous connaissions les causes d’une catastrophe tellement répandue et complète, mais elles se sont révélées difficile à découvrir. Des savants ont proposés pas mal de théories : des désastres naturelles comme la sècheresse, le tremblement de terre, ou l’éruption d’un volcan avaient mis à l’épreuve les sociétés ; l’introduction du fer avait semé la perturbation dans l’économie, qui était fondée sur le bronze ; l’introduction d’une nouvelle technique militaire, avait rendu désuète l’armée de chars, et avait donné l’avantage aux autres armées ; des grands mouvements de population, pareil aux mouvements qui avaient eu lieu à la fin de l’Empire romain, avaient semé le désordre partout ; une hausse dans la fréquence des raids de pirate, telle que l’Europe avaient souffert des vikings, avait interrompu le commerce et affaibli les états ; un effondrement général du système avait eu lieu, qui n’avait aucune raison particulière, mais qui s’ensuivait de la faiblesse générale des sociétés anciennes qui manquaient de ressort et dans lesquelles un échec dans l’une pouvait propager dans toutes les autres. Il y a deux choses à remarquer à propos de ces théories : d’abord, ces théories ne s’excluent pas l’un l’autre, et c’est bien probable qu’elles font toutes parties d’une théorie plus complexe ; et en second lieu, il resterait encore à découvrir les causes de ces causes.
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