Zoroastrisme: le monde est un champ de bataille

January 24, 2017 – 5:03 pm

En fait, Ahura Mazda savait bien que ce monde endommagé fût inévitable après qu’il eût réalisé son idée d’un monde parfait. Néanmoins, parce qu’une idée qui devient réel est plus parfaite qu’une idée qui reste irréelle, le monde a dû passer d’un état (menog) à l’autre (getig). Par conséquence, et tout à fait selon les prévisions d’Ahura Mazda, ce monde-ci est devenu l’arène d’une grande lutte entre les puissances de désordre et ceux de l’ordre. C’est le devoir de chacun au côté de l’ordre de résister aux efforts des alliés de l’esprit méchant, et de tourner leurs dommages en avantages. Donc, par exemple, la carcasse de la vache est devenue la source de toutes les bonnes plantes du monde et tous les animaux (à part des chats, qui, d’après Bundahishn 93, étaient créés par le diable.)

Les incidents de cette guerre sont, pour la plupart, tirés et légèrement adaptés de la mythologie, et impliquent à la fois les dieux et l’homme. On peut citer deux mythes en exemple. Le premièr est un mythe presque purement pré-zoroastrien. Selon ce mythe, Tishtrya, le dieu de l’étoile Sirius, voyage chaque année au bord de la mer Vourukasha en forme d’un étalon blanc. Là, il rencontre le démon de la sécheresse, Apaosha, qui a l’apparence d’un cheval noir, sans poils, et vilain. Ils se battrent, et, si les prières et offrandes au Tishtrya soient insuffisantes, Apaosha le vaincra et le monde souffrira de la sécheresse l’année suivante. D’un autre côté, si Tishtrya est victorieux, il se baigne dans la mer où il se couche avec les vagues – qui ont des formes de juments. Par conséquent, elles produisent une abondance de l’eau dans laquelle sont mélangées les graines de l’arbre de toutes les graines. Le dieu du vent, Vata, répand cette eau et ses graines partout dans le monde et le bonheur du monde est assuré encore pour une année 

Le mythe de Tishtrya est peu changé après les réformes de Zoroastre. Le héros et l’antihéros maintenant sont respectivement les agents d’Ahura Mazda et d’Angra Mainyu, mais les actes des drames et leurs significations restent comme auparavant. Cela n’est certainement pas le cas pour l’important mythe de Yima. Ce mythe-là semble avoir été changé en toutes ses parties, et malheureusement c’est difficile à reconstruire les mythes et à suivre ses développements. Ce qu’on présente ici est tiré et adapté d’une grande confusion des contes et histoires dans les textes – mais c’est incertain et le sujet a provoqué beaucoup de controverses.

La forme centrale du mythe zoroastrien de Yima dit que Yima était le premier homme. (Gayomaretan – qui a été tué au fin du ‘Bundahišn’ – n’était qu’un gabarit de l’homme et ne pas un homme en vérité.) Yima était aussi par conséquence le premier roi, et grâce à son ‘khvareneh’ (une vertu propre à un souverain,) son règne était un âge d’or qui a durée environ mille ans. Malheureusement, selon Zoroastre, son règne était terminé en désastre après qu’il a péché contre Dieu. Son khvarneh, comme un corbeau, s’est envolé, et comme punition pour son péché, il était exilé en l’au-delà (un monde souterrain) où il est devenu le roi du royaume des morts. 

Son histoire est pour la plupart le même que celui du dieu Yama chez les indiens. Évidemment ils sont le même dieu et avaient à l’origine la même histoire, mais il y a un petit nombre de différences qui ont été introduit, apparemment, par Zoroastre. Par exemple, Yama était toujours un dieu et jamais un mortel. Encore, il avait également régné sur un pays pendant un âge d’or, mais son règne s’était terminé seulement après qu’il eu choisi de mourir – ou, en tout cas, aller au pays des morts – pour mieux comprendre la mort et aider les mortels. Yama, à l’époque des Vedas, était un bon dieu – et malgré les insultes de Zoroastre lui-même, Yima était aussi bien-aimé. De plus, le péché de Yima dont le prophète avait parlé était peu après oublié. Les textes ultérieures ne font aucune mention d’un péché ou en inventent un autre. Donc, on doit se demander: que c’est il passé à propos de Yima?

Le péché que Zoroastre a condamné pour Yima était de manger de la viande, mais certainement cela ne pourrait pas être son vrai péché: les iraniens n’étaient jamais des végétariens. D’un autre côté, c’est possible que la viande qu’il mangeait fût du corps de la première vache qu’il a sacrifié. On se rappelle que dans le système pré-zoroastrien c’était ce sacrifice (et les autres) qui ont donné le pouvoir de la vie et de l’ordre au monde. Pour Zoroastre, par contre, la mort de la vache était provoquée par Angra Mainyu, et c’était un acte méchant. De plus, le nom ‘Yima’ a le sens de ‘jumeau’ et Zoroastre a déjà mentionné qu’Angra Mainyu était le jumeau de Ahura Mazda. Peut-être que l’inspiration d’Angra Mainyu était personne d’autre que Yima. Enfin, c’est possible que le corbeau de son khvareneh est celui qui apparaît dans l’iconographie de Mithra, qui est, nous l’avons suggéré, l’original de Spenta Mainyu, le Saint-Esprit et un aspect de Ahura Mazda. 

Donc, une hypothèse, incertaine il faut le reconnaître, semble être le plus probable: les modifications au mythe de Yima que Zoroastre a apporté étaient les conséquences de ses réformes cosmologiques. Le dieu Yima était condamné, puis ses actions étaient données à l’Esprit du Mal et Yima était réduit aux rangs des mortels, enfin son péché était oublié et il a continué comme le roi de l’Enfer également bien-aimé qu’auparavant.

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