Zoroastrisme: l’après-vie

December 26, 2016 – 7:35 pm

L’au-delà aussi a été changé dans les réformes de Zoroastre. Ses changements, en fait, ont créé un genre d’au-delà qui nous est maintenant très bien connu. Cela est encore plus intéressant, car l’au-delà le plus ancien chez les indo-iraniens est assez semblable à l’au-delà de la Grèce ancienne, et dans l’histoire de l’au-delà des iraniens on peut découvrir comment l’au-delà moderne s’est développée à partir de l’au-delà primitif.

Notre ‘connaissance’ du premier stade de développement est tirée, bien sûr, des écritures zoroastriens, et, comme d’habitude, des traditions parallèles chez les indiens védiques. L’au-delà primitif selon ces sources, semble d’avoir été sombre, poussiéreux, et sans joie. Les esprits des morts s’attardaient trois jours avec les vivants, et puis avaient dû surmonter un obstacle avant qu’ils puissent arriver à leur destination finale. Cet obstacle était nommé le ?invato Peretu – c’est à dire, la “traversée du séparateur” – qui était à cette époque-là, peut-être, un fleuve ou un bac. Les âmes qui réussissaient à traverser l’obstacle, devaient y rester à jamais, pour toujours. (Ceci est le genre d’au-delà qu’on remarque, par exemple, chez les babyloniens.)

Cela serait vraiment un destin déprimant, surtout pour les nobles. Donc, apparemment, juste avant que les iraniens et les indiens se sont séparées (ont scindés), une idée est apparue parmi eux, que quelques entre-eux pourraient échapper cet au-delà malheureux. Selon cette idée, le ?invato Peretu était un pont entre le mont Hara et un paradis ensoleillé et heureux. Ceux qui méritaient de traverser ce pont pouvaient gagner le paradis: les autres tombaient à l’endroit ténébreux. À cette étape, ceux dignes du paradis étaient les nobles – et pour aucune raison qu’ils fussent des nobles. De plus, parce que les joies de paradis sont sensuelles, on ne pourrait guère les apprécier sans un corps. Donc, l’idée d’une résurrection du corps est apparue aussi. (Ceci, on peut dire, est le genre d’au-delà auquel les grecs ont crus.)

Avec les réformes de Zoroastre, le mérite qui pouvait gagner le paradis est devenu un mérite éthique, et puis le ?invato Peretu est devenu une cour ou Mithra, Sraosha, et Rashnu jugeaient les âmes. Rashnu tient la balance de la justice en laquelle il met les actions bonnes et mauvaises. Si les actions bonnes pèsent plus que les autres, l’âme peut traverser le pont. Elle est conduit à travers par une belle fille – représentative de sa propre conscience. Si l’âme n’a pas la permission de traverser, le pont devient aussi étroit qu’un fil de rasoir, une femme vieille et terrible attrape l’âme, et toutes les deux plongent du pont. Là, l’âme méchante souffrira les tourments des damnés dans une sorte d’enfer. L’idée d’un enfer de cette sorte semble être à Zoroastre. (Ceci, enfin, est un genre de l’au-delà qu’on peut reconnaître comme proche à la nôtre.)

Enfin, remarquons que selon Zoroastre, l’âme n’est pas encore réunie avec  son corps ressuscité, et donc la félicité parfaite n’est pas encore atteinte – même pour les âmes qui habitent le paradis. Cette réunification n’aura pas lieu avant que la fin du monde mélangé ne soit arrivée. Après ce grand événement, nommé le Frašo Kereti, il y aura un jugement final et les âmes des bons, réunis avec leurs corps, habiteront un monde rénové et sans mal – mais les méchants (et leurs corps) seront incinérés et vont disparaître complètement du monde. 

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